Systèmes de production : l’alternatif d’aujourd’hui sera-t-il le conventionnel – de demain ?
Atelier 1 Systèmes de production : l’alternatif d’aujourd’hui sera-t-il le conventionnel de demain ?
PIERRE SCHEERCOUSSE ASSOCIATION ARBRE ET PAYSAGE
Ce qui est frappant, vous en conviendrez sûrement, quand on parle d’agriculture et de modes de production agricoles durables, c’est le peu d’importance accordée à la qualité des produits eux-mêmes ! Alors que c’est le but premier de l’agriculture : produire des aliments nourrissants, sains et qui, espérons-le, ont du goût. Mais l’agriculture durable, encore alternative, devra aussi être multifonctionnelle et liée au territoire : produire des aliments tout en produisant des biens et des services pour l’ensemble de la société.
Revenir aux bases de l’agronomie et produire avec la nature, en s’en inspirant, est la voie la plus prometteuse pour assurer la transition vers l’agriculture écologique, respectueuse de la terre et des hommes. En effet, l’agroforesterie intégrée, qui associe l’arbre, la haie et la couverture végétale permanente des sols, compte parmi les solutions les plus réalistes et performantes. Elle est l’une des clés de l’agroécologie pour remédier aux problèmes de dégradation avancée des sols, à la dépendance aux intrants chimiques, mécaniques et aux banques, à l’uniformisation des paysages et l’érosion de la biodiversité, etc. En respectant la dynamique des écosystèmes et en redonnant toute sa place au végétal, et en particulier
à l’arbre hors-forêt, elle est celle qui répond aux grands défis du XXI[e] siècle. Elle produit tout en préservant. Chaque action répond simultanément à plusieurs défis : climatique, énergétique, environnemental et alimentaire. Oui, l’agroforesterie redonne toute sa multifonctionnalité à l’agriculture. En redonnant vie aux sols et une dynamique aux territoires, elle redonne aussi le goût du terroir et leur valeur nutritive aux aliments que nous mangeons.
Pourtant, l’agroécologie peine à s’imposer partout. L’un des verrous majeurs auquel se heurte encore sa généralisation est l’inadaptation partielle des moyens, des formes d’organisation et des politiques agricoles menées. Dans le cadre du Mastère spécialisé « Innovations et politiques pour une alimentation durable » (IPAD) de Montpellier Supagro, cinq étudiants ont choisi, décrit et analysé quelques alternatives émergentes pour produire durablement : l’agroforesterie en Languedoc-Roussillon, la culture de shiitaké sur billes de bois, la pisciculture en haute mer dans des cages flottantes, l’élevage d’insectes et l’élevage respectueux d’animaux. Bien que certains étudiants ont davantage fait la promotion de tel ou tel système plus qu’ils ne se sont livrés à un véritable exercice d’analyse
et d’évaluation, la lecture de ces rapports aura le grand mérite de faire réfléchir sur ce qu’on souhaite que soit notre agriculture. Il est regrettable que ne soient pas plus abordés les verrous techniques – des variétés et des races animales encore trop peu adaptées au terroir, des sols
fragilisés et convoités, des complémentarités entre espèces végétales encore mal comprises et exploitées – que les verrous socio-économiques. Comment les lèvera-t-on et quand ? L’avenir le dira. Mais il faut y travailler dès maintenant et tous ensemble.
PRÉSENTATION DE L’INNOVATION, GENÈSE, ACTEURS, RÉPONSE AUX ENJEUX ATTENDUS « Mangeons des insectes ! » s’accordent à dire les experts de la FAO depuis les études menées sur la valeur nutritive des insectes en 2003 ( Insectes comestibles. Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale, publié par FAO et Wageningen). L’entomophagie est vieille de plusieurs millénaires et est encore pratiquée dans de nombreux pays du monde, mais pour la plupart des pays occidentaux c’est un (…)
De nos jours, les consommateurs sont davantage sollicités et sensibilisés aux nouvelles pratiques de production agricole. Les problèmes environnementaux Dque provoque l’agriculture conventionnelle, tels que la surconsommation en eau, la pollution des sols et l’usage des intrants, nous ont poussé à repenser et à réinventer nos modes de production. L’agriculture ne se conçoit plus comme un système isolé, mais comme un modèle complexe en interaction avec son environnement. Les nouvelles (…)
La société Plein Air Concept, créée par Jean-Marie Gibelin, conçoit, fabrique et commercialise un ensemble de solutions techniques et matérielles dédiées à l’élevage respectueux. C’est une innovation portée par un seul éleveur, pour un élevage alternatif au modèle industriel intensif. Actuellement, les instituts techniques agricoles ou les structures de recherche orientent principalement leurs innovations pour servir le modèle conventionnel en oubliant trop souvent les autres voies (…)
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