Des vergers pas comme les autres. Promouvoir des vergers permaculturels
LES ACTES DE JIPAD 2015
NADÈGE LECOUTURIER
Avec une image mise à mal par un usage important de pesticides, l’arboriculture fruitière semble avoir mauvaise presse auprès des consommateurs Asensibles à leur environnement et leur santé. En toute logique, la réponse semblerait se trouver dans l’agriculture biologique. Or, un arboriculteur québécois, las de constater que la « bio » ne résolvait pas les problèmes à la source mais restait dans une logique de monoculture et de traitements, a décidé de reconcevoir entièrement deux hectares de vergers en permaculture : une implantation inspirée de la structure d’une forêt étagée pour créer un écosystème équilibré. Mais développer ce modèle nécessite l’adoption de nouvelles valeurs et un compromis à trouver entre le modèle actuel et la permaculture. Où mettre le curseur ?
Le projet proposé consiste à créer un verger de petite surface (de 500 m[2] à 2 ha) structuré selon les principes de la permaculture, c’est-à-dire en s’inspirant de la structure forestière, grâce à des espèces étagées et organisées de façon à rationaliser les récoltes. Au-delà de certaines cultures biologiques optimisées à l’extrême pour répondre au besoin de filières commerciales, la priorité est ici de recréer un écosystème le plus autonome possible qui ne demande pas de traitement ni d’engrais.
Ainsi, en organisant l’implantation du verger dès l’origine du projet de façon optimale, il s’agit en théorie de supprimer les externalités négatives grâce à l’utilisation des aménités de la nature,
plutôt que de chercher à limiter ces impacts. Bien que la permaculture ne semble pas être adaptée à un usage commercial, une expérience au Canada semble avoir porté ses fruits. C’est pourquoi je propose d’étudier le développement de ce type de verger, en analysant les conditions de reproductibilité et les freins éventuels.
UNE INNOVATION QUÉBÉCOISE INSPIRÉE DE LA PERMACULTURE
Cette innovation a émergé chez un arboriculteur situé dans le sud du Québec, pour qui le mode de production biologique ne différait pas tant des modes conventionnels, seuls les traitements changeaient mais le principe restait le même : de la monoculture avec beaucoup de temps passé à lutter contre les maladies et les ravageurs. Stefan Sobkowiak a donc eu l’idée de restructurer intégralement 2 ha de vergers en permaculture (il ne s’agit pas d’agroforesterie, souvent limitée à quelques variétés).
Qu’est-ce que la permaculture ?
Le dictionnaire Petit Robert définit la permaculture comme un « mode d’aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants et à produire de la nourriture en renforçant l’écosystème ». Elle repose sur trois objectifs éthiques : prendre soin de la terre et de toutes ses formes de vie ; prendre soin des personnes et bâtir la communauté ; redistribuer les surplus à la terre et aux personnes.
Le verger de Stefan Sobkowiak est productif quatre ans après son implantation. Les fruits sont récoltés en libre service par 90 adhérents qui versent chaque année une cotisation. La production de fruits du verger est complétée par des plantations de grimpantes type actinidia, de fruits rouges, de plantes aromatiques mais également de l’élevage de poules et poulets qui, à l’instar des animaux présents dans une forêt, consomment les fruits tombés au sol et y apportent de la fumure. Cela permet également d’obtenir un complément de revenus.
Quelles sont les principales techniques employées
- →Cultiver un nombre important de variétés ayant pour critères la résistance aux maladies, au froid et des propriétés gustatives intéressantes ;
- →associer entre 4 et 24 plantes à un arbre, selon leur développement, que ce soit des fleurs, des herbes aromatiques ou des légumes, dans le but de couvrir le sol au maximum pour limiter les adventices, mais aussi pour compléter la production et attirer les auxiliaires ;
- →respecter la règle des trios, en alternant un arbre capable de fixer l’azote de l’air et de le restituer dans le sol, avec deux arbres fruitiers. Ainsi, un apport d’azote supplémentaire ne devrait pas être nécessaire ;
- →utiliser des porte-greffes locaux, primordiaux pour que les arbres soient adaptés aux conditions pédoclimatiques de leur lieu d’implantation ;
- →attirer les auxiliaires en installant des nichoirs (la ferme québécoise en a placé 150 sur 2 hectares), un ou plusieurs plans d’eau, ainsi que des plantes particulièrement mellifères ;
- →organiser les allées par date de cueillette pour faciliter la récolte en évitant de parcourir tout le champ.
aux demandes de la filière commerciale et des consommateurs qui souhaitent un fruit esthétique pour la consommation en frais.
Un critère a été négligé par les filières d’approvisionnement en fruits et légumes : le goût et les qualités nutritionnelles ! Plutôt que rechercher des critères esthétiques de fruits standardisés et des propriétés répondant aux besoins logistiques, l’objectif est également de favoriser des variétés aux propriétés gustatives et nutritionnelles répondant à nos besoins. Une étude soutient que la disparition des savoir-faire et la standardisation industrielle ont appauvri notre nourriture, au point qu’il faudrait manger 26 pêches d’aujourd’hui, issues des variétés les plus courantes, pour retrouver la valeur nutritionnelle d’une pêche de 1950. De même, les variétés de pommes d’autrefois contenaient jusqu’à cent fois plus de vitamines que certaines de nos variétés modernes[1] .
En raison de la présence d’un nombre important d’espèces végétales, le verger permaculturel favoriserait la biodiversité qui participe à la régulation des ravageurs et à la pollinisation grâce aux auxiliaires de culture, ce qui supprimerait les besoins de traitements phytosanitaires.
D’autre part, le fait que ce type de vergers ne nécessite pas l’usage d’intrants – à l’exception de lactosérum ou de thé de compost[2] pour prévenir les maladies – ni d’engins mécanisés, tout en pouvant s’implanter sur de petites surfaces, permet la cohabitation avec les habitants d’un quartier en zone (péri)-urbaine ainsi que des îlots de fraicheur. Les « meilleurs » espaces verts étant ceux qui présentent les structures les plus diversifiées et une grande part de grands arbres feuillus[3] , le verger permaculturel aurait toute sa place en milieu urbain sur de petites surfaces pour intensifier cet effet.
La mise en place d’un système en permaculture demande beaucoup de travail au début de l’installation pour une productivité faible (90 % de
DES VERGERS FAVORABLES À LA BIODIVERSITÉ
Une pomme produite dans un verger conventionnel reçoit en moyenne 35 traitements. Cette dépendance aux pesticides est en grande partie liée à la pérennité des arbres fruitiers et à la monoculture qui favorisent le maintien des ravageurs et des maladies dans le verger d’une année sur l’autre. C’est aussi la nécessité de répondre
1. Résultats d’une étude publiée en 2007, le rapport Still No Free Lunch de Brian Halweil, du World Watch Institute (États-Unis)
2. Le thé de compost est une culture permettant de démultiplier les micro-organismes du sol avant d’en enrichir le sol ou d’en pulvériser les plantes pour concurrencer les organismes pathogènes en réintroduisant régulièrement des concurrents bénéfiques.
3. Source : Agence d’urbanisme de l’agglomération de Strasbourg (ADEUS).
travail, 10 % de récolte) qui, en évoluant, doit devenir toujours plus autonome avec une productivité élevée et une charge de travail réduite 5 à 10 ans après (avec un rapport inversé, c’est-àdire 10 % de travail, 90 % de récolte). D’après l’expérience de Stefan Sobkowiak, cela réduirait de moitié le temps de travail par rapport à un verger conventionnel, sous réserve que l’on puisse obtenir des données sur les rendements permettant ainsi d’avoir des éléments de comparaison.
COMMENT DÉVELOPPER CES VERGERS ?
En France, il n’existe pas encore de verger permaculturel mature à l’instar de celui de Stefan Sobkowiak, même si se pose toujours la question de la durée d’expérience considérée pour la recherche. Une première implantation est en cours à la ferme Canopée dans le Gers, accompagnée par le Conservatoire végétal d’Aquitaine et une seconde a été réalisée en Suisse sur le terrain d’une école d’agriculture.
Cette innovation pourrait avoir deux approches différentes de développement. La première viserait à convaincre des agriculteurs d’installer des vergers permaculturels après un travail conjoint d’expérimentation avec la recherche, dont les variétés seraient limitées et adaptées aux conditions pédoclimatiques locales, mais en suivant les principes de base. La seconde pourrait disposer d’un soutien public, dans le but de développer une véritable forêt comestible en libre service mise à disposition des citoyens tout en étant un lieu pédagogique et récréatif.
Dans un contexte péri-urbain, l’exemple de l’agglomération montpelliéraine
Il peut être proposé aux agglomérations d’intégrer des projets de vergers permaculturels dans des agriparcs ou des délaissés urbains, sachant que l’enjeu majeur reste la sécurisation du foncier sur des périodes dépassant les vingt ans. Quelle serait l’acceptabilité des élus face à des projets de si longue durée, à l’heure où les terres agricoles laissent place à l’urbanisation, notamment face au besoin de logements, ou à des zones d’activités facteur d’attractivité économique ?
Il a été possible d’identifier deux sites susceptibles de pouvoir accueillir un verger s’adaptant aux enjeux (péri)urbains :
- →le secteur Eurêka est une ancienne zone agricole près de Castelnau-le-Lez en forte urbanisation ces dernières années. Une réflexion est en cours pour l’usage agricole d’une parcelle de 4 ha à proximité d’un secteur urbanisé, et s’oriente vers l’implantation d’un verger. Le but étant de trouver une solution de valorisation agro-paysagère pour cette parcelle, tout en considérant les contraintes imposées par sa situation périurbaine ;
- →le domaine de Viviers, bientôt intégré dans le projet d’agriparc de la vallée du Lez, est un lieu-test de 10 ha géré par l’association Terracoopa, une coopérative regroupant des activités dédiées à l’agriculture et à l’environnement qui soutient des porteurs de projets agricoles. Chaque producteur dispose d’un hectare pour développer son projet en toute autonomie. Kris French, formatrice en permaculture, a pu profiter de la disponibilité d’une de ces parcelles. Terminant une formation en maraîchage, elle souhaite développer un verger permaculturel en autocueillette, avec une partie forêt-jardin. Elle imagine un lieu à la fois de production mais aussi d’enseignement pédagogique et recherche des financements pour développer le projet.
L’usage public permettrait également une sensibilisation et une acceptation du concept de permaculture, méconnu du grand public ou bien associé à une image très alternative de personnes et communautés vivant en marge de la société. Ce modèle de verger devrait, autant que faire ce peut, être connecté aux trames vertes et bleues et autres corridors écologiques pour potentialiser et désanctuariser la biodiversité.
Pour une production agricole
Avec une alternance de très bons rendements une année sur deux, Stefan Sobkowiak n’a pas pu en étudier la rentabilité. Cependant, il est possible d’évaluer les coûts d’installation et de calculer la rentabilité théorique en se basant sur des rendements moyens en production biologique et en appliquant des pourcentages de pertes selon le type des variétés cultivées.
Pour la partie du verger québécois plantée depuis sept ans, le coût d’implantation sur 8 000 m[2] est de 21 300 euros hors foncier (avec conversion du taux horaire français en coût de
main-d’œuvre), et son retour sur investissement se situe entre deux et trois ans. Son dimensionnement et son organisation sont adaptés pour un travail à temps plein d’une personne à l’année et d’un saisonnier[4] .
Un profit serait réalisable dès la première année avec un montant certes faible, autour de 400 euros par mois, mais qui peut doubler dès la deuxième année et atteindre plus de 3 000 euros la sixième année. D’où l’intérêt de planter des légumes annuels les trois premières années afin de compléter la production et d’attendre celle des vivaces, lesquelles permettent à leur tour d’attendre la maturité des arbres fruitiers.
Afin d’avoir des données scientifiquement établies, une expérimentation pourrait être réalisée en collaboration avec la recherche à l’instar de celle de la ferme du Bec Hellouin en Normandie, réalisée par l’unité mixte de recherche Sad-Apt, un laboratoire commun à l’Institut national de recherche agronomique et à l’école AgroParisTech. Le chiffre d’affaires déterminé pour 1 000 m[2] de maraîchage en permaculture et pour 1 400 heures de travail est de 32 000 euros annuel, contre 30 000 en maraîchage biologique[5] , alors que cette activité demande plus de maind’œuvre qu’un verger permaculturel mature.
QUELS FREINS AU DÉVELOPPEMENT DES VERGERS EN PERMACULTURE ?
Dans une approche commerciale
Les agriculteurs ayant assisté à une présentation du verger québécois ont émis des réserves sur deux points. D’une part, sur l’autocueillette, ils estiment que les sensibilités des consommateurs sont différentes dans le sud de la France, car même au sein d’une AMAP, il est difficile de les motiver pour venir cueillir gratuitement les restes de récolte. Ceux l’ayant expérimenté ont constaté par ailleurs, des dégradations sur les arbres et un tassement du sol. D’autre part, le modèle n’est pas adapté aux exigences de la filière arboricole, que ce soit pour les conditions d’obtention d’aides à l’installation ou bien du fait de l’obligation pour le producteur d’utiliser des variétés inscrites au catalogue officiel, avec
4. Étude technico-économique des Fermes Miracle, S. Sobkowiak & Amélie Dupendant.
des plants certifiés, ce qui limite la diversité des cultivars.
Enfin, les vergers permaculturels nécessitent d’avoir des connaissances en matière d’écologie, de biologie et de botanique qui ne sont pas à la portée de tous. L’agriculteur aura difficilement du temps à dédier pour se former, même si ses connaissances de terrain sont précieuses pour expérimenter et observer au quotidien, ce qui est indispensable.
Pour un portage par une collectivité territoriale
Selon Isabelle Touzard, vice-présidente déléguée à l’agriculture de Montpellier Méditerranée Métropole, il convient avant tout de se poser la question d’un portage par une collectivité locale qui justifierait la mobilisation de financements publics : y a-t-il une attente explicite des citoyens ? Les producteurs en projet d’installation sont-ils prêts à se lancer dans ce type de vergers ?
Sur l’agglomération montpelliéraine, deux autres pistes pourraient alors être étudiées pour trouver un site expérimental et un portage financier :
- →au sein d’un centre de ressources agro-écologique en projet porté par Montpellier Méditerranée Métropole, qui regrouperait innovation agricole et recherche agronomique au sein de parcelles expérimentales ;
- →sur le terrain d’une école d’agriculture, à l’instar de celle de Marcelin sur Morges en Suisse, laquelle a implanté en 2014 un verger de 5 400 m[2] , appelé « biodiverger », en s’inspirant de l’exemple québécois. Environ 25 personnes incluant des chercheurs, des producteurs et des étudiants y travaillent en échangeant avec l’unité de recherche Écodéveloppement de l’INRA d’Avignon.
L’évaluation des services écosystémiques
Une grande majorité des écosystèmes dans le monde est soumise à des pressions externes importantes qui affectent leur capacité à réguler le bien-être humain et le développement durable (Millennium Ecosystem Assessment 2005, Nagoya Biodiversity Summit 2010). Les surfaces agricoles fournissent des services écosystémiques aux espaces naturels et inversement selon leur mode de culture. Une parcelle dont on aura maximisé les processus écologiques, à l’instar des
vergers permaculturels, augmenterait en théorie d’autant plus les services écosystémiques rendus, même si un seuil optimal devrait être trouvé au-delà duquel il serait moins bénéfique pour l’agriculteur ou ne rendrait pas plus de service.
Cependant, ces services n’étant pas unanimement reconnus, leur perte découle largement du fait qu’ils soient encore peu pris en compte dans la législation ou dans les décisions politiques en matière d’aménagement du territoire, même si des critères de biodiversité dans les Plans locaux d’urbanisme commencent à émerger, comme la possibilité d’utiliser un coefficient de biotope, crée par la loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR).
La méthode DEXiPM est un outil d’évaluation ex-post développé par l’INRA permettant de décomposer les enjeux de durabilité en sous-thèmes (sociaux, environnementaux, économiques), puis en critères facilement qualifiables. Cependant, il est peu adapté à des systèmes très diversifiés tels que la permaculture selon Servane Penvern de l’INRA d’Avignon.
Il semble n’exister à l’heure actuelle aucune méthode d’évaluation adaptée du fait qu’aujourd’hui nous n’avons pas de connaissances et donc d’expertise pour estimer les performances de ces systèmes très complexes.
COMMENT REPRODUIRE OU ADAPTER LE VERGER PERMACULTUREL ?
Pour un usage commercial
Les principaux acteurs rencontrés sont unanimes quand à l’adaptation du verger québécois. Afin qu’une appropriation puisse être possible, un modèle qui reprendrait les caractéristiques majeures doit être étudié et proposé aux agriculteurs cherchant à innover en ce sens.
Il pourrait également être proposé d’expérimenter un modèle permaculturel sur la base d’un verger existant en monoculture, type oliveraie, qui serait remodelé et couplé à de l’élevage de volaille. En effet, la pertinence technique et économique du verger avicole a été éprouvée par le passé, les volailles limitant la pression parasitaire et bénéficiant d’ombrage grâce aux arbres, ce qui est primordial sous un climat méridional.
Sur son organisation, Stefan Sobkowiak suggère que ces vergers soient développés à plus grande échelle pour être cogérés par un groupe
d’agriculteurs spécialisés chacun dans leur production (arboriculteur, maraîcher, éleveur, herboriste), ce qui faciliterait l’entretien et, plus largement, pourrait donner lieu à un système de coopération entre agriculteurs qui inclurait le partage des surplus et des pertes pour une meilleure résilience.
Pour un usage public
À l’instar du projet que souhaite développer Kris French au domaine de Viviers, il serait intéressant du point de vue à la fois pédagogique et pour renforcer la biodiversité, de recréer une véritable forêt comestible sur une petite surface, dont il existe un exemple à Mouscron, une forêt nourricière en Belgique, qui comprendrait toutes les strates étagées d’une forêt, tout en intégrant des variétés de fruitiers et d’autres sources comestibles moins connues du public (grimpantes, tubercules, etc.) et des plantes exclusivement pérennes. Un verger permaculturel, avec volaille et lapins, constituerait le prolongement de cette forêt ce qui apporterait un enrichissement tant au niveau du sol que de la biodiversité, tout en ayant un intérêt démonstratif.
Sous d’autres latitudes
Force est de constater que les pays tropicaux sont bien plus avancés que les pays sous climat tempéré du fait d’avoir conservé un usage de jardins et vergers en permaculture, comme l’explique Stéphane Person, agronome spécialisé en agroforesterie, car la destruction des forêts primaires est récente, et il reste des arpents de forêts qui permettent une régénération naturelle. C’est le cas des cultures sur brulis, qui voit la parcelle se recoloniser naturellement par la forêt située à proximité. En Europe, nous n’avons plus de forêt primaire. Si une parcelle est laissée à l’abandon, elle sera recolonisée avec une diversité variétale limitée.
Le jardin de case est une association dense qui se trouve à proximité de la maison familiale, et regroupe une grande variété de plantes ligneuses et non-ligneuses. C’est celui qui utilise le plus les principes de la permaculture, car il s’agit de la base d’un système agro-forestier naturel. Il associe des variétés d’arbres fixatrices d’azote avec des plantations vivrières.
Les modalités d’appropriation de l’innovation, notamment la dimension sociologique, doivent être prises en compte dans un modèle de culture
en rupture complète avec nos modes de pensée. Cette rupture crée un décalage entre le regard d’un technicien de chambre d’agriculture par exemple, face à un porteur de projet en permaculture qui a une vision holistique de sa démarche. Ainsi, il est de bon augure que la recherche s’intéresse à la permaculture.
La conclusion que l’on a pu tirer avec l’équipe Écodéveloppement de l’INRA d’Avignon, est qu’il n’est pas possible, ni souhaitable, de reproduire le verger permaculturel de Stefan Sobkowiak. D’abord pour des raisons d’adaptation pédoclimatiques mais aussi parce que ce verger est dynamique, il évolue en permanence. En créant un modèle de base qui reprendrait les grands principes indispensables à une production optimale en permaculture, chaque producteur pourrait s’approprier ce modèle, l’adapter aux spécificités de sa parcelle et l’améliorer. L’essentiel de la démarche est d’avoir compris l’état d’esprit de la permaculture pour trouver un équilibre entre les services rendus et le maintient en bonne santé de l’agro-écosystème qui a été créé… mais aussi de l’agriculteur.
EN SAVOIR PLUS
DENISE VAN DAM, MICHEL STREITH, JEAN NIZET, PIERRE STASSART, Agroécologie, entre pratiques et sciences sociales , édition Educagri 2012.
S. SOBKOWIAK & A. DUPENDANT, Etude technicoéconomique des Fermes miracle , www.permacultureorchard.com/fr/la-ferme
Projet d’élèves ingénieurs n° 9 : Création d’un guide pour la prise en compte intégrée de l’agriculture dans des projets d’urbanisme de Montpellier Méditerranée Métropole. Rapport disponible auprès de Montpellier Supagro.
Ecole d’agriculture Marcelin sur Morges (Suisse) http://agroecologiesuisse.blogspot.fr/p/biodiverger-etverger-en-permaculture.html
Terracoopa et le domaine de Viviers à Montpellier www.terracoopa.net/le-domaine-de-viviers
La ferme canopée à Sansan (32260) www.lafermecanopee.com/les-bases-du-projet
Fiche de la Chambre d’agriculture de Normandie : « Maraîchage, création d’une activité en vente directe » http://partage.cra-normandie.fr/bio/castype-1.pdf
Forêt nourricière des Fraternités ouvrières à Mouscron en Belgique www.bio-logiques.org