Réinterprétations locales et adaptations culturelles

De nombreux mets ont été adaptés sur les lieux de leur consommation. En témoigne l’extraordinaire succès de la pizza, plat d’assemblage le plus consommé au monde. Elle tire son adaptabilité de sa simplicité : une pâte à pain cuite garnie d’ingrédients variables. La pizza a commencé à circuler avec les déplacements des Napolitains et les migrations italiennes à la fin du XIXe siècle. Par la suite, elle a été constamment réinventée en association avec des spécificités locales (légumes, condiments et sauces, etc.). A contrario, de nombreux aliments originellement exotiques entrent aujourd’hui dans la composition de nos plats traditionnels. Par exemple, aliment de base des Incas cultivé dès le XIIIe siècle sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes, la pomme de terre est, selon la FAO, la première denrée vivrière non céréalière de l’humanité, et elle est l’ingrédient principal de multiples recettes partout dans le monde.

Nous consommons de nombreuses autres plantes d’origine sud-américaine, importées par les Espagnols et les Portugais. C’est le cas des légumes qui composent la ratatouille, emblème de la cuisine provençale, un mélange à base de courgettes (dérivées des courges américaines), tomates (rapportées par Christophe Colomb), aubergines (arrivées d’Asie via l’Andalousie au XIVe siècle) et poivrons (originaires des Amériques). Ainsi, les cuisines régionales telles que nous les connaissons en France tirent leur diversité de la manière dont elles se sont approprié les produits venus du Nouveau Monde.


4e colloque international Que mangeait-on hier ? Que mangera-t-on demain ?, 2015. Session 1 - Que mangeait-on hier ?, Sarah Bak-Geller, « Une histoire des métissages alimentaires en Amérique latine » (à regarder entre 49:49 et 1:11:40).
7e colloque international Les aliments voyageurs, 2018. Session 2 - Diffusions, Commerce, Livraisons, Sylvie Sanchez, « Pizza connexion : cultures et mondialisation ».