« Glocaliser » l’alimentation
C’est dans ce cadre, celui d’un « localisme cosmopolite », que doit être pensée la proximité en termes d’alimentation. Vouloir en venir à du « tout local » serait illusoire, tant « régional » et « mondial » sont étroitement imbriqués. Si les comportements sont localisés géographiquement, ils sont également marqués par des influences à distance, et l’alimentation offre de belles opportunités d’échanges interculturels et intergénérationnels. Finalement, il s’agit plutôt de rechercher un équilibre entre alimentation mondialisée et alimentation locale, entre ouverture au monde et attachement aux spécificités, avec une meilleure régulation des flux alimentaires à toutes les échelles. C’est le profil de ce mangeur, à la fois enraciné dans le local et influencé par le global, conscient des enjeux de l’alimentation du monde et soucieux de développer des pratiques alimentaires durables, que nous permettent de brosser les dynamiques de « glocalisation » de nos assiettes.
- Que retenir ? -
Des mutations de l’offre et de la demande alimentaires se font jour. L’industrialisation et la massification de la production ont permis de démocratiser l’accès à une alimentation diversifiée et abondante. On observe une convergence des grands équilibres de consommation au niveau mondial. La diffusion de produits issus de l’industrie agroalimentaire et des chaînes de restauration rapide partout dans le monde laisse planer l’ombre d’une uniformisation de nos assiettes.
- Que retenir ? -
Partout et de tout temps, les aliments voyagent. Nos cultures alimentaires sont amenées à évoluer au gré des influences extérieures (échanges commerciaux, migrations humaines, etc.). La circulation des matières premières et des plats entraîne des recompositions de nos pratiques alimentaires, à tel point que certains aliments originaires d’ailleurs font aujourd’hui pleinement partie de notre patrimoine culinaire. Ces échanges s’inscrivent dans un dialogue permanent entre local et global, dans la mesure où les aliments importés sont constamment adaptés aux contextes locaux par les mangeurs.
- Que retenir ? -
Les systèmes alimentaires contemporains entraînent une distanciation croissante des consommateurs vis-à-vis des produits alimentaires. En réaction, les mangeurs sont en quête de nouvelles proximités. Les pratiques d’approvisionnement et de consommation se chargent d’une dimension politique. Si reprendre le contrôle de notre alimentation passe parfois par l’achat de produits locaux qui permet de se reconnecter au territoire et aux producteurs régionaux, la notion de terroir est aussi une manière de valoriser l’origine des produits et leur connotation symbolique, affective, voire identitaire.