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Face à l’inefficacité de l’aide alimentaire et aux inégalités d’accès aux produits sains, la Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) propose d’instaurer un droit universel et digne. Elle vise une transformation systémique de l’offre à travers trois leviers : la reconnaissance formelle de ce droit, la réorientation des infrastructures publiques (dont la restauration collective) et l’attribution à chaque citoyen d’une allocation fléchée vers des aliments frais et locaux. Ce modèle transversal entend ainsi décloisonner les politiques publiques pour piloter une transition agroécologique, sanitaire et démocratique dans les territoires.
Bien que signataire des traités internationaux, la France confond droit à l’alimentation et assistance : aucune protection juridique ou constitutionnelle garantissant un accès autonome n’y existe. Les évolutions législatives, notamment la loi EGAlim, réduisent ainsi la précarité alimentaire à de l’aide sociale articulée autour du don d’invendus et de la gestion des surplus agroalimentaires. De plus, les instances de gouvernance actuelles (CNA, PAT) manquent de démocratie participative et décentralisée, laissant les citoyens et populations précaires à l’écart des décisions qui orientent le système alimentaire.art
Pour les populations précaires, l’aide alimentaire s’est restructurée autour du modèle marchand via les épiceries sociales, tout en servant d’exutoire légal aux surplus d’une agriculture productiviste. Financées par des subventions publiques précaires et le soutien privé, ces initiatives basculent vers un néo-paternalisme philanthropique axé sur l’autonomie financière. Ce fonctionnement éloigne la transition alimentaire d’une réelle démocratie participative ou d’alternatives systémiques comme la Sécurité sociale de l’alimentation.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la consommation constitue le socle du contrat social et de l’inclusion citoyenne, soutenue par l’État pour prévenir la précarité. L’accès au statut de consommateur primerait ainsi sur le contenu de l’achat, l’individu disposant d’une liberté de choix cadrée et orientée par de multiples dispositifs de régulation (normes, labels et recommandations).