Quand les institutions s’en mêlent !
Quasiment toutes les innovations que nous avons vues dans les pages précédentes de ce document ont été initiées par des individus ou petits groupes d’individus, par des entrepreneurs, par Q la société civile. Mais elles peuvent aussi venir d’en haut, du cadre dans lequel évoluent ces entrepreneurs. C’est le cas pour ces deux dernières innovations, dont l’une est portée par le gouvernement bruxellois et l’autre, sur le cacao, par le Comité européen de normalisation. En parlant du cacao et de Bruxelles, beaucoup d’entre vous doivent probablement avoir l’eau à la bouche en pensant aux Maîtres chocolatiers bruxellois tels que Pierre Marcolini ou Neuhaus. Mais il n’en sera rien ! Nous allons à la place explorer deux voies de coordination pour une alimentation durable.
La première concerne une norme sur la durabilité et la traçabilité du cacao pour enrayer la crise de la filière. Aujourd’hui le secteur du cacao fait face à de nombreux problèmes. Conscients de ces difficultés, les différents acteurs ont décidé de se coordonner, de travailler ensemble pour proposer « une solution ». L’objectif est que la grande majorité du cacao acheté dans les prochaines années (à partir de 2020) soit certifié durable et traçable.
Le deuxième sujet concerne le plan régional « Good Food », qui vise à développer un projet alimentaire durable sur le territoire. Cette stratégie ambitieuse a pour objectif de placer la question de l’alimentation au cœur de la dynamique urbaine bruxelloise en tant qu’enjeu de société. Nous étudierons ce plan d’action quinquennal, disposant d’un budget annuel de plus de 2,5 millions d’euros, qui doit générer une véritable
dynamique d’ici 2035, avec des objectifs précis dès 2020.
De prime abord, ces deux innovations peuvent sembler très différentes. D’un côté, la « norme cacao » est portée par une initiative privée et a pour ambition de se développer internationalement. Le plan régional « Good Food » est quant à lui porté par les pouvoirs publics sur le territoire de la Région Bruxelles-Capitale, qui peut se comparer à la taille de grandes villes françaises telles que Lyon ou Lille.
Néanmoins, il y a plusieurs similitudes entre ces deux initiatives. Elles ont toutes les deux été pensées et construites en impliquant toutes les parties prenantes concernées. Aussi, en accompagnant ces dernières et leur confiant des outils leur permettant de se responsabiliser, elles visent à renforcer l’implication des porteurs de projets. Et, bien que cela puisse sembler évident, rappelons que ces deux démarches visent à renforcer la durabilité des systèmes considérés.
Ces innovations ont aussi été confrontées à des écueils identiques. Dans les deux cas, leur développement fait face à l’inertie du système en place et nécessite donc beaucoup de temps, de coordination et d’investissement pour se concrétiser.
Ici nous évaluons l’intérêt de ces projets en identifiant leurs forces et faiblesses. Nous espérons qu’ils seront source d’inspiration pour le développement d’initiatives similaires, que ce soit au niveau d’autres filières agricoles ou pour d’autres projets alimentaires.
Vidéo de présentation
https://goo.gl/YhAPnC
En Région de Bruxelles-Capitale, le pouvoir exécutif a initié en 2016 une stratégie ambitieuse d’alimentation durable pour le territoire : « Good Food ». Celle-ci a Epour objectif de placer la question de l’alimentation au cœur de la dynamique urbaine bruxelloise en tant qu’enjeu de société, que ce soit aux niveaux économique, social, environnemental ou culturel. Avec un plan d’action quinquennal disposant d’un budget annuel de plus de 2,5 (…)
Vidéo de présentation
https://goo.gl/Bc82Ze
Vous ne vous imaginez pas un monde sans chocolat… Pourtant aujourd’hui, les producteurs de cacao ne touchent que 6,6 % du prix final d’une tonne Vde cacao vendue alors que les distributeurs en touchent 44 % (Fountain et HützAdams, 2015). Cette répartition très inégale laisse parfois les cacaoculteurs bien en deçà du seuil de pauvreté, une bonne raison pour arrêter de cultiver du cacao…
CACAO ET LIBÉRALISATION DES ÉCHANGES Signés en 1994, les (…)