Épigénétique et période des 1 000 premiers jours

Si l’alimentation répond aux besoins physiologiques de l’organisme, elle peut également impacter l’identité génétique du mangeur. C’est l’épigénétique qui regroupe les mécanismes moléculaires modulant l’expression des gènes sous l’influence de l’environnement. L’alimentation aurait ainsi la capacité de bloquer ou d’activer l’expression des gènes tout au long de la vie d’un individu, avec des périodes davantage critiques, comme celle des 1 000 premiers jours de vie. Développée par l’épidémiologiste britannique David Barker, la théorie des 1 000 premiers jours montre que les comportements alimentaires des parents pendant la période péri-conceptuelle, des femmes pendant leur grossesse, puis des enfants pendant les deux premières années de leur vie, influencent la santé future des individus. Bien que les comportements alimentaires de nos aïeux ne soient pas seuls déterminants dans la survenue de maladies chroniques à l’âge adulte, ils semblent augmenter ou limiter le risque de développer ces maladies. De plus, en reconfigurant l’épigénome, ils peuvent aussi conditionner la sensibilité ou la résistance à la prise de poids, la régulation de l’appétit ou les préférences alimentaires.

L’épigénétique est une approche qui permet de développer l’interdisciplinarité en montrant comment, au travers de l’alimentation, l’environnement socioculturel s’immisce dans le biologique, et inversement.


3e colloque international Alimentation : vers de nouveaux modes de consommation ? 2014. Conférence inaugurale - Jean-Pierre Poulain, « Comment changer nos comportements alimentaires ? Le regard du socio-anthropologue de l’alimentation » (à regarder entre 47:12 et 51:55).
5e colloque international, Je suis ce que je mange ?, 2016, Session 2 - Les alimentations particulières, Tristan Fournier, « Alimentation et épigénétique : les enjeux autour des 1 000 premiers jours de vie ».